Bilan environnemental : mesurer notre empreinte environnementale
Transcription de la vidéo
Évaluation de l'empreinte environnementale – Laurène CUÉNOT chargée d'études & d'éco-conception, ecosystem
Laurène CUÉNOT : Le bilan environnemental, c’est l’évaluation de l’empreinte environnementale globale de la chaîne de recyclage, de toutes les étapes, depuis la collecte jusqu’à la régénération des matières. On étudie, d’une part, les impacts environnementaux de toutes ces étapes puisque, par exemple, pour collecter, nous avons des camions, donc des émissions ; pour faire fonctionner les centres de traitement, nous avons des consommations d’énergie, etc. Et, d’autre part, les bénéfices environnementaux, puisque le recyclage permet de régénérer des matières et de dépolluer, donc d’éviter des émissions.
Pour arriver à quantifier ces impacts et ces bénéfices, nous nous sommes basés sur toutes les données de terrain qui ont été collectées, consolidées et analysées par les différentes équipes internes d’ecosystem depuis le lancement de la filière. D’abord, il y a les données que l’on appelle d’échantillonnage, que l’on va aller chercher sur nos points de collecte de déchets, et on va regarder exactement de quoi est composé le flux collecté.
Nous avons un autre type de données que l’on appelle la caractérisation. C’est un bilan matière : c’est-à-dire que l’on pèse ce qui rentre, on pèse tout ce qui sort et on va regarder en détail toutes les fractions sortantes. Un autre type de données, qui est vraiment propre à ecosystem, consiste à démonter manuellement des équipements, peser toutes les pièces de cet équipement et regarder en détail de quel métal il s’agit ou de quel plastique il s’agit.
Par-dessus ces données techniques de terrain, nous avons ajouté une forte composante environnementale qui permet justement de traduire ces données de terrain en données sources pour faire de l’analyse environnementale. Il existe beaucoup de types d’impacts différents. On peut penser, par exemple, au changement climatique, à l’épuisement des ressources fossiles, à l’épuisement des ressources minérales, aux questions de destruction de la couche d’ozone, aux problématiques d’acidification des sols et des eaux, ou aux pics de pollution à l’ozone. Le bilan environnemental permet justement de balayer tous les impacts identifiés par le Centre commun de recherche de la Commission européenne.
Dans notre cas, on voit qu’il y a deux grands lots qui se dégagent. Un premier lot pour lequel toute la méthodologie permet d’aboutir à des valeurs robustes, et qui sont donc exploitables en tant que telles pour nos analyses. Et un deuxième lot d’indicateurs environnementaux pour lesquels la méthodologie permet d’aboutir à des valeurs qui sont un peu moins robustes, soit parce qu’il manque des informations pour aboutir à des calculs très fins, soit parce qu’il n’existe pas de consensus aujourd’hui sur les modèles d’impact pour traduire ces valeurs en impacts sur l’environnement.
L’analyse globale des résultats a permis de dégager des enjeux prioritaires qui sont notamment les indicateurs « changement climatique », « épuisement des ressources fossiles » et « épuisement des ressources minérales ». Pour les enjeux de toxicité et d’écotoxicité, nous avons choisi de les intégrer malgré tout dans nos priorités parce que ce sont des enjeux très importants, mais nous les travaillons avec une méthodologie complémentaire.
Le bilan environnemental nous apprend beaucoup de choses. Contrairement aux idées reçues, on pourrait se dire que c’est peut-être la logistique — le transport des équipements entre le point de collecte et le centre de traitement — qui pèse le plus dans le bilan. En réalité, quand on regarde les chiffres, cette partie-là représente 2 à 3 % de l’impact sur le changement climatique, alors que nous avons un énorme enjeu sur les gaz, et notamment quelques pertes de gaz qui représentent 60 % de l’impact sur le changement climatique.
Dans certains équipements, comme par exemple les réfrigérateurs, il y a des gaz qui peuvent être contenus, notamment dans le circuit réfrigérant. Sur les anciens équipements, ces gaz avaient un très fort pouvoir de réchauffement climatique. Si un équipement arrive aujourd’hui endommagé au centre de traitement, ces gaz ont pu fuir et s’échapper dans l’environnement.
Autre exemple : sur l’indicateur « épuisement des ressources minérales », on note que les bénéfices proviennent essentiellement du recyclage des cartes électroniques dans les petits équipements électroniques. Pourquoi ? Parce que, justement, ces cartes contiennent des métaux rares ou des métaux stratégiques qui sont présents en faible quantité mais que l’on exploite abondamment. Le fait de les recycler permet vraiment de préserver ces ressources minérales. Toute cette évaluation permet, au final, de dégager des axes opérationnels concrets sur le terrain pour réduire au maximum l’empreinte environnementale du recyclage.